L'EXTRÉMADURE EST UNE PERLE CACHÉE
LE PATRIMOINE ROMAIN SUR LA ROUTE DE LA PLATA
Publié le : août 5th, 2025

Rroches.

Ríos de Piedra de Orihuela del Tremedal (Teruel, Aragón)

Itinéraire culturel d'Espagne auquel il appartient : La voie d'El Cid

Où se trouve-t-il : Dans les pinèdes qui entourent le village d'Orihuela del Tremedal (Teruel), en route vers le point culminant du Camino del Cid, le Puerto de Noguera à 1 695 mètres d'altitude.

Qu'est-ce que c'est ? Littéralement : une rivière de pierre qui, à certains endroits, est si large (jusqu’à 250 mètres) qu’elle ressemble à un lac. Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter aux phases les plus froides du Quaternaire, qui a débuté il y a 2,6 millions d’années, lorsque les grands blocs de pierre se fracturaient en morceaux plus petits (comme ceux que l’on peut observer aujourd’hui) sous l’effet des fréquentes périodes de gel et de dégel. Les fortes pentes et les blocs de glace ‘ canalisent ’ ces fragments de roche vers certains endroits où, après des siècles et des siècles d’action géologique et d’accumulation de fragments, se sont formées ces « rivières de pierre ».

Un endroit à voir : Depuis la route qui relie Orihuela au col, on peut en apercevoir plusieurs, mais l’un des plus spectaculaires se trouve sur la montée menant au sanctuaire de la Vierge du Tremedal. Il s'agit du belvédère du Rio de Piedra du Borrocal de Tremedal, situé quelques mètres après que la route a quitté la direction sud pour se diriger vers l'ouest.

2. El Coto de las Canteras de Osuna (Séville, Andalousie)

Itinéraire culturel d'Espagne auquel il appartient : Chemins de Passion

Où se trouve-t-il : Aux abords de la ville sévillane d'Osuna, au nord-est, sur une colline d'où l'on peut apercevoir le village et, plus au sud, les reliefs de la Sierra Subbética. Il faut compter 20 minutes de marche (avec une légère pente) depuis le centre-ville.

Qu'est-ce que c'est ? Une œuvre d'art réalisée par des artistes qui ignoraient l'être. Une œuvre d'architecture réalisée par des architectes qui ignoraient non.

Qu'y a-t-il à voir ? Tout ce qui est possible : cela dit, il est conseillé de se renseigner sur les horaires et de profiter des premières heures de la journée pour éviter la chaleur. Il ne faut pas manquer les tunnels, les salles (grandes comme une église), les vallées artificielles créées à ciel ouvert, les outils et ustensiles utilisés par les tailleurs de pierre pour extraire la roche, l'ermitage en ruine de la Via Sacra (quelques mètres plus loin), les tombes creusées dans la roche à côté de celle-ci… À cela s'ajoutent les reliefs sculptés et les sculptures qui contribuent à doter le lieu d'une atmosphère de fantaisie, plus propre à un film de cape et d'épée qu'à un espace parvenu jusqu'à notre époque.

3. Église Saint-Pierre Culturelle de Becerril de Campos (Palencia, Castille-et-León)

Itinéraire culturel d'Espagne auquel il appartient : Routes de l'Empereur Charles Quint

Où se trouve-t-il : Il est simple d'expliquer le paysage de la région espagnole de Tierra de Campos (Palencia) à quelqu'un qui n'y est jamais allé : c'est comme un océan qui, au lieu d'eau salée, a des céréales. Selon la période de l'année, l'océan sera vêtu de couleurs ocres (en automne, avec la terre nue), d'un vert intense (à la fin de l'hiver, avec les pousses qui naissent), d'un vert éteint (au printemps, avec le grain déjà poussé et les épis dépenaillés) ou du jaune de l'été.

Pourquoi le connaître : L'empereur Charles Quint est passé par ici à plusieurs reprises au cours de sa vie, traversant le plateau castillan avec sa suite lors de ce qui a dû être l'une des étapes les plus difficiles de ses périples à travers l'Espagne : tant pendant les mois froids que pendant les mois chauds, ces terres dépourvues de forêts et de montagnes peuvent se révéler terriblement éprouvantes. Becerril de Campos est l’un de ces villages qui semblent flotter sur cet océan. Sans les clochers de ses églises, l’endroit passerait inaperçu, car ici, il n’y a ni collines, ni châteaux ; le paysage est plat comme une mer calme. Quelle curiosité ‘ de pierre ’ un tel endroit peut-il bien receler ?

Que voir : Rien de moins qu'une église morte et ressuscitée. Une église bien morte (fermée dans les années 40 du siècle dernier et sur le point de s'effondrer complètement au début de celui-ci) et très bien ressuscitée : l'église Saint-Pierre est, aujourd'hui, un centre culturel étonnant, un ‘ bâtiment à ciel ouvert ’ doté d'une salle d'astronomie. Elle conserve bien sûr des éléments romans, gothiques et Renaissance, mais ils sont désormais au service d'un bâtiment vivant doté d'une intense vie culturelle (d'où l'importance de se plonger dans son programme de concerts ou d'activités astronomiques) et d'une capacité spectaculaire à créer des atmosphères grâce à l'éclairage.

4. Mines d'Aramo dans la Municipalité de Riosa (Asturies)

Itinéraire culturel d'Espagne auquel il appartient : Route Vía de la Plata

Où se trouve-t-il : À 50 kilomètres de la mer Cantabrique (et de Gijón, fer de lance de la Route.

Que sont : Les Asturies constituent l’une des régions minières par excellence d’Espagne, une province qui abrite de nombreuses ruines industrielles issues d’exploitations aujourd’hui disparues, ainsi que plusieurs mines encore en activité. Dans le cas du Texéu, on a des traces d’activité minière dans la région depuis la préhistoire, comme en témoignent les restes humains (d'anciens mineurs) et les outils qu'ils utilisaient (marteaux, pioches, creusets…) découverts au XXe siècle et que nos ancêtres employaient pour extraire le cuivre des entrailles de la montagne.

Que voir Ce que chacun veut en fonction de ses envies, de ses aptitudes physiques et de la météo du jour de l'excursion. L'aventure commence au cœur de Llamo, endroit idéal pour laisser la voiture et continuer à pied ou, avec une préparation physique adéquate, en VTT. En vingt minutes de marche (par fortes pentes) on arrive au village minier (abandonné mais restauré) de Rioseco qui desservait les mines. L'espace a été récupéré, amélioré avec soin (sa passerelle-belvédère en est la meilleure preuve) et interprété avec de nombreux panneaux.

Plus ? Cette fois-ci, oui : il faut des chaussures de randonnée pour monter jusqu’à la Campa Les Mines et, plus précisément, jusqu’à El Socavón (au 4e étage), le site le plus surprenant de cette exploitation minière et le plus ancien : un ensemble d’une demi-douzaine de cavités creusées de manière primitive et presque organique (un autre exemple parfait de ce que peuvent offrir l’architecture sans architectes et le design sans designers) qui donnent accès aux salles où ont été découverts près d’une trentaine de corps de chercheurs de cuivre du Néolithique.

5. Grottes d'Ojo Guareña à Cueva (Burgos, Castille-et-León)

Itinéraire culturel d'Espagne auquel il appartient : Sentiers d'art rupestre préhistorique

Où se trouve-t-il : À l'intérieur d'une morsure infligée à une montagne, dans le nord de la province de Burgos, dans la merindad de Sotoscueva, très près du réservoir de l'Èbre (le plus long fleuve d'Espagne) et sur le versant sud de la cordillère Cantabrique.

Qu'est-ce que c'est : Beaucoup de choses. Le plus frappant est sans doute sa taille : ce complexe karstique, sculpté par l'action incessante des rivières Guareña et Trema, est composé de plus de 110 kilomètres de galeries réparties sur six niveaux différents, ce qui en fait le deuxième plus grand d'Espagne.

Plus ? Tant de kilomètres de grottes, évidemment, ont servi à beaucoup de choses au fil de leur histoire : elles ont été un sanctuaire depuis les temps du Paléolithique, un lieu de culte et une toile artistique dans la Préhistoire et, bientôt à notre époque, une église chrétienne et même une salle de conseil municipal. Il s'agit de l'un des sites de la soi-disant Espagne Magique (une Espagne ésotérique, mythique, mystérieuse, cachée et indéchiffrable) et c'est une œuvre conjointe de la Nature et de la main de l'homme.

Que voir : L'espace le plus spectaculaire de ce système de grottes est sans aucun doute l'ermitage rupestre de San Bernabé, qui conserve à l'intérieur une sculpture de San Tirso du XIIIe siècle, une voûte naturelle décorée de peintures réalisées au XVIIIe siècle (et qui racontent les supplices subis par San Tirso) par un auteur anonyme, ainsi que de curieuses cuves dans lesquelles, selon la tradition, on versait de l'eau miraculeuse.

C'est tout ? Non. Très près de celle-ci se trouve la grotte de Palomera, à la nature bien différente car elle a à peine subi l'intervention de la main humaine : tout ce que l'on voit est l'œuvre de la Nature au fil de milliers d'années. C'est pourquoi la visite de Palomera est plus proche de la spéléologie que du tourisme culturel : les visites, selon la modalité choisie, durent 2 ou 4 heures et se déroulent dans des conditions très spécifiques : températures maximales de 9°C, un environnement humide et une absence totale d'éclairage (des frontales sont fournies). Tout cela contribue à faire de la visite une expérience unique, en s'enfonçant dans les entrailles de la montagne, en découvrant les différentes cavités : Edelweiss, la Galerie Principale, le Gouffre Dolencias, la Salle Cacique ou la Salle Musée de Cire.

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